Lundi 4 juillet 2006
PDV Léa.
Aujourd'hui est un autre jour, je m'installe et commence à filtrer les appels. Rendez-vous sur rendez-vous mais je ne vois personne entrer aujourd'hui. Le docteur arrive et lui aussi me lance un regard interrogateur. Il prend une chaise et s'assit à côté de moi, un café à la main.
Docteur : Tu vas bien ? Y a personne, on s'croirait dans le désert du Sahara.
Léa : Ouais, c'est chiant.
Docteur : Tu fais quoi ce soir ?
Léa : J'vais me reposer chez moi, je suis vraiment fatiguée.
Docteur : S'tu veux, tu peux rentrer chez toi...
Léa : Et c'est qui qui va répondre au téléphone ?
Docteur : ... moi...
Léa : Et les patients ?
Docteur : Y a personne !
Léa : Imaginons, vous avez un commando Irakien, tous blessés, les uns comme les autres, que vous deviez les soignez... qui répond au téléphone ?
Docteur : Tu t'fous d'ma gueule ?
Léa : Un peu...
Docteur : ...
Léa : Vous...
Docteur : Tu peux m'tutoyer...
Léa : Ok... tu... pourquoi tu me d'mandais si je faisais quelque chose ce soir ?
Docteur : Parce que je sais pas quoi faire ce soir...
Léa : Hum, intéressant...
Je détourne les yeux sur mon bouquin tandis que lui me tend une tasse de café encore fumante. Comment refuser un geste aussi délicat ? Je le saisis et le remercie. Je le bois avec hâte, et je me brûle légèrement la langue. Le café en ébullition coule dans mon ½sophage et ça me fait un bien fou. Lui, se tient devant moi en buvant son café, aussi. Il quitte le bureau sûrement pour aller regarder une vidéo porno sur son ordinateur. Quand il n'a pas de patients, je n'entends que ça. Les hommes... tous pareils.
18heures00
J'ai finis mon service avec 30 minutes de retard. Bien que le début de journée était calme, la fin de celle-ci fut mouvementée. Je rentre et passe chercher les jumeaux qui m'attendent avec leurs instruments sur le dos. Ils sont accompagnés de deux jeunes autres garçons, que je ne connais pas. Quoi que l'un me dit quelque chose. Je les fais monter. Arrivés dans le quartier, je dépose les quatre garçons devant chez Simone, mais celle-ci me sort de mes pensées.
Simone : Léa ?
Léa : Oui c'est moi ?
Elle s'approche de la voiture et j'en sors immédiatement. Sa joue pâle se colle à la mienne comme si nous ne nous étions pas vues depuis des années... alors que je l'ai croisée ce matin.
Simone : J'ai vu que tu rentres assez tard et ça doit être pénible pour toi de préparer à manger. De plus, tu as des cernes, tu dois vraiment être fatiguée... viens manger ce soir, à la maison... j'ai préparé des pâtes.
Léa : Oh, je ne voudrais pas abuser de votre gentillesse et je ne voudrais encore moins déranger...
Simone : Tu ne nous déranges pas du tout, voyons ! Ça fait même plaisir de voir que ma table soie noire de monde.
Léa : Et bien, écoutez, comment refusez une si gentille invitation.
Simone : J'en étais sûre, tu vas te régaler. Ha et oui,... tutoies-moi.
Décidément, aujourd'hui est le jour des invitations et des déclarations de tutoiements. Je la suis d'un pas franc et m'engouffre à l'intérieur. Ça sent déjà bon. Effectivement, je vais me régaler ! Simone est un véritable cordon bleu. Wa, il n'y a plus quatre garçons mais cinque. Tom, Bill et trois autres que je ne connais pas... Je demande où est le mari de Simone... apparemment, au travail... je ne l'ai pas beaucoup croisé, j'en suis déçue. Je m'assieds au bout de la table. Les cinque garçons sont autour de moi et ça commence à me gêner fortement.
Léa : Salut...
Tom (enthousiaste) : Salut Léa.
Léa : Salut... encore.
Andréa : J'm'appelle Andréa... et toi Léa ?
Léa : T'es perspicace...
Andréa : T'as 18 ans, j'crois non ?
Léa : De mieux en mieux.
Andréa : T'es marrante.
Léa : J'pourrais dire la même chose de toi.
Un sourire échangé. Rien qu'un. Je crois que je l'adore déjà. C'est un mélange de Bill... et de Tom. Un brin de bravoure pour trois grains de folie... c'est ce que je perçois. Il a l'air simple et sympa. Je me réveille une seconde et fais connaissance avec les deux autres que moi-même j'ai conduis. Pour dire que je suis conne, ils m'ont dit leurs noms mais je ne suis même pas capable de m'en rappeler. Tellement je suis dans la lune ces temps-ci. Gustav et Georg... super. Ils ont mon âge. Je me sentirais enfin entourée de gens matures. Non pas que les jumeaux ne le soient pas, mais je n'ai pas les mêmes discussions avec eux qu'avec des gens de mon âge. Après quelques minutes d'absence, Simone revient avec un plat de pâtes trempées dans de la sauce tomate. J'ai hâte d'y gouter. Elle me sert en premier. Galanterie oblige et les garçons ronchonnent. Je rigole et le repas peut commencer.
(...)
Les conversations fusent, s'enchaîne. La bonne ambiance se fait sentir. Tout le monde rigole aux blagues sans chutes du Georg, mais ce sont des rires de joies. J'ai du mal à terminer mon plat de pâtes, certes, délicieux mais je rigole et parle tellement que j'ai du mal à enfourcher une fourchette.
19heures46
Les garçons sont à moitié endormis sur les canapés pendant que je débarrasse la table. Simone arrive et vient m'aider.
Simone : Ça t'as plu ?
Léa : Oh oui, c'était délicieux !
Simone : Reviens quand tu veux, au moins je ne suis pas la seule femme et quelqu'un m'aide pour débarrasser.
Nous rigolons en coeur. Elle si gentille... et en même temps si mystérieuse.
*
Voilà pour ce deuxième chapitre.
Je vous l'accorde pas beaucoup d'action mais ces passages ennuyants sont vitaux pour la suite de cette fiction.
Merci pour vos critiques avec lesquelles je réussis à avancer.
Les prochains chapitres seront plus mouvementés.
*
Lyli.